Fin janvier, les députés ont adopté en première lecture un texte visant à restreindre fortement l’accès des mineurs au numérique social. Deux mesures majeures sont désormais posées sur la table :
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l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans,
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et l’interdiction de l’usage du téléphone portable dans l’enceinte des lycées.
Soutenu par le gouvernement et examiné en procédure accélérée, ce texte marque un changement de posture clair : l’État ne se contente plus d’alerter sur les risques du numérique, il cherche désormais à poser des limites explicites.
Ce qu’il faut retenir du texte adopté
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Âge seuil fixé à 15 ans pour l’accès aux réseaux sociaux.
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Le texte ne crée pas une obligation directe nouvelle pour les plateformes, mais introduit une interdiction de principe d’accès pour les mineurs concernés.
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En pratique, cela implique la mise en place de mécanismes de vérification d’âge, dont l’encadrement relèverait du droit européen.
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Certaines plateformes ou services sont explicitement exclus (ressources éducatives, encyclopédies, logiciels libres).
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Le texte ouvre aussi la voie à une responsabilisation accrue des plateformes, notamment sur la pression commerciale exercée sur les mineurs et le rôle des algorithmes de recommandation.
Sur le plan scolaire, l’interdiction du téléphone au lycée est actée, avec une application laissée en partie à l’appréciation des établissements, via leur règlement intérieur.
Une loi politiquement consensuelle, juridiquement fragile
Le vote à l’Assemblée nationale reflète un large consensus, salué notamment par Emmanuel Macron.
Mais sur le plan juridique, plusieurs zones de tension apparaissent :
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le droit européen limite la capacité d’un État membre à imposer seul des obligations nouvelles aux grandes plateformes numériques ;
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certaines dispositions, notamment sur la qualification d’éditeur des réseaux sociaux via leurs algorithmes, pourraient être contestées ;
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la définition même des services concernés reste volontairement large, ce qui ouvre la porte à des interprétations divergentes.
Autrement dit, le signal politique est fort, mais la solidité juridique du dispositif sera probablement testée dans les mois à venir.
Lecture Disconnecto : ce que cela change pour les établissements
Côté établissements scolaires, cette loi pose moins une question de principe que de mise en œuvre concrète.
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Les chefs d’établissement se retrouvent en première ligne pour définir des règles claires, applicables et acceptées.
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L’expérience des collèges montre que l’interdiction seule ne suffit pas : sans outils adaptés, la gestion quotidienne devient lourde et conflictuelle.
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La possibilité de zones ou de moments dérogatoires introduit une flexibilité bienvenue, mais nécessite un cadre précis pour éviter l’arbitraire.
Cette évolution confirme une tendance de fond : la régulation du numérique passe de plus en plus par l’école, qui devient un espace clé de la pause numérique institutionnelle.
Enjeux pratiques et questions ouvertes
Pour les établissements, plusieurs défis se dessinent :
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Comment garantir une application équitable sans transformer les équipes éducatives en forces de contrôle permanentes ?
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Quels dispositifs matériels ou organisationnels peuvent accompagner l’interdiction sans alourdir la charge des personnels ?
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Comment articuler cette loi avec un discours éducatif cohérent sur les usages numériques, plutôt qu’une simple logique de sanction ?
Pour Disconnecto, cette actualité confirme un besoin croissant de solutions opérationnelles, pensées pour le terrain, permettant de rendre la pause numérique applicable, lisible et apaisée.
Source
Article publié par Le Monde, le 26 janvier 2026
👉 https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/01/26/l-interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-approuvee-par-les-deputes_6664229_4408996.html


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Disconnecto : "Portables en pause", réussir la mise en place de ce dispositif et responsabiliser les élèves face aux écrans.